Le LMNP, expliqué simplement.
Statut, régimes fiscaux, amortissements, obligations déclaratives : tout ce qu’un loueur en meublé doit savoir, sans jargon inutile.
Qu’est-ce que le statut LMNP ?
Le loueur en meublé non professionnel (LMNP) est un particulier qui loue un ou plusieurs logements équipés de tout le mobilier nécessaire à la vie courante : literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle, rangements, etc. Ses loyers ne sont pas des revenus fonciers, mais des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
Le statut est non professionnel tant que les recettes de location meublée du foyer ne dépassent pas 23 000 € par an, ou qu’elles restent inférieures aux autres revenus d’activité du foyer. Si les deux conditions sont dépassées, vous basculez en loueur en meublé professionnel (LMP), avec des règles sociales et fiscales différentes.
Qu’est-ce qu’un logement meublé ?
Pour relever du LMNP, le logement doit être réellement meublé : un locataire doit pouvoir y vivre dès son arrivée avec ses seuls effets personnels. La réglementation (décret du 31 juillet 2015) fixe la liste minimale des équipements :
- Chambre : literie avec couette ou couverture, dispositif d’occultation des fenêtres
- Cuisine : plaques de cuisson, four ou micro-ondes, réfrigérateur avec compartiment congélation (−6 °C maximum), vaisselle et ustensiles
- Séjour : table, sièges, étagères de rangement, luminaires
- Entretien : matériel d’entretien ménager adapté au logement
Côté bail, la location meublée à titre de résidence principale se conclut pour un an (neuf mois pour un étudiant, sans reconduction), avec un dépôt de garantie de deux mois de loyer au maximum. Le bail mobilité (1 à 10 mois) est également possible.
Un logement auquel il manque un équipement obligatoire peut être requalifié en location nue : les loyers relèvent alors des revenus fonciers et les amortissements ne sont plus déductibles. Conservez les factures du mobilier.
LMNP ou LMP : quelle différence ?
Vous devenez loueur en meublé professionnel (LMP) lorsque deux conditions sont réunies sur l’année :
- les recettes de location meublée du foyer dépassent 23 000 € ;
- et elles dépassent les autres revenus d’activité du foyer (salaires, BIC, BNC, pensions…).
Si une seule condition est remplie, vous restez LMNP. Les conséquences du statut LMP sont importantes :
| LMNP | LMP | |
|---|---|---|
| Déficit | Imputable sur les seuls revenus de location meublée (10 ans) | Imputable sur le revenu global |
| Cotisations sociales | Prélèvements sociaux sur le résultat | Cotisations sociales (SSI) en principe |
| Plus-value à la revente | Régime des particuliers | Régime des plus-values professionnelles (exonération possible après 5 ans) |
| Impôt sur la fortune immobilière | Bien taxable | Exonération possible sous conditions |
Dans votre espace client, une alerte s’affiche automatiquement si vos recettes dépassent 23 000 € : nous vérifions alors votre situation avec vous.
Les démarches de début d’activité
Dès la première mise en location, vous devez déclarer votre activité en ligne sur le guichet unique des formalités d’entreprises de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), dans les 15 jours qui suivent le début de la location. Vous obtenez alors un numéro SIRET, indispensable pour déposer vos déclarations.
C’est aussi à ce moment que se joue le choix du régime d’imposition : micro-BIC par défaut, ou régime réel sur option.
La première année est la plus structurante : la ventilation du prix d’achat entre terrain, construction et équipements détermine vos amortissements pendant des décennies.
L’immatriculation pas à pas
L’immatriculation est obligatoire pour tout loueur en meublé, même au micro-BIC, dans les 15 jours suivant le début de la location. Elle est gratuite.
- 1. Rendez-vous sur le guichet unique : formalites.entreprises.gouv.fr, rubrique « Création d’entreprise » en tant qu’entrepreneur individuel.
- 2. Indiquez l’activité « location de logements meublés » (activité non commerciale de loueur en meublé non professionnel) et l’adresse du bien.
- 3. Choisissez votre régime d’imposition (micro-BIC ou réel simplifié). Le réel peut aussi être choisi plus tard, en déposant une déclaration au réel dans les délais.
- 4. Vous recevez votre numéro SIREN (et un SIRET pour l’établissement) : indiquez-le dans votre espace MaLMNP.
- 5. L’année du début d’activité, déposez la déclaration initiale de CFE (formulaire 1447-C-SD) avant le 31 décembre.
Vous louez plusieurs biens ? Une seule immatriculation suffit : les nouveaux biens sont déclarés comme établissements supplémentaires.
Location saisonnière et meublés de tourisme
La location de courte durée (Airbnb, Booking…) relève aussi du LMNP, mais la loi du 19 novembre 2024 a durci la fiscalité au micro-BIC à compter de l’imposition des revenus 2025 :
| Type de location | Plafond micro-BIC (revenus 2026) | Abattement |
|---|---|---|
| Location meublée longue durée | 83 600 € | 50 % |
| Meublé de tourisme classé, chambre d’hôtes | 83 600 € | 50 % |
| Meublé de tourisme non classé | 15 000 € | 30 % |
Pour ces locations, le régime réel est donc très souvent plus avantageux. Pensez aussi aux règles locales : déclaration en mairie et numéro d’enregistrement, limitation possible à 90 jours par an pour une résidence principale, taxe de séjour à collecter, et exigences de performance énergétique (DPE) qui se renforcent progressivement.
Micro-BIC ou régime réel ?
Le micro-BIC : simple mais forfaitaire
Vous déclarez vos loyers bruts et l’administration applique un abattement forfaitaire censé couvrir toutes vos charges. Pour les revenus 2026, il est de 50 % pour la location meublée de longue durée et les meublés de tourisme classés (dans la limite de 83 600 € de recettes), et de 30 % pour les meublés de tourisme non classés (limite de 15 000 €).
Le réel : vos vraies charges, et les amortissements
Au régime réel, vous déduisez vos charges réelles — intérêts d’emprunt, taxe foncière, charges de copropriété, assurance, frais de gestion, travaux, honoraires comptables — et surtout l’amortissement du bien et du mobilier. Résultat : dans de nombreux cas, le revenu imposable tombe à zéro pendant de longues années.
| Micro-BIC | Réel | |
|---|---|---|
| Charges déduites | Forfait de 30 % ou 50 % | Montant réel |
| Amortissement du bien | — | ✓ |
| Déficit reportable | — | ✓ (10 ans) |
| Comptabilité | Aucune | Liasse 2031 + 2033 |
| Intérêt fiscal | Faibles charges | Emprunt, travaux, bien récent |
Les amortissements, comment ça marche ?
Amortir, c’est constater chaque année la perte de valeur théorique de votre bien. Le prix d’achat est d’abord réparti : le terrain (non amortissable), puis le bâti découpé en composants (gros œuvre, façade et toiture, installations techniques, agencements), chacun amorti sur sa propre durée. Le mobilier et les équipements sont amortis plus rapidement.
- Gros œuvre : généralement 40 à 50 ans
- Installations et agencements : 10 à 20 ans
- Mobilier et électroménager : 5 à 10 ans
- Travaux d’amélioration : selon leur nature
L’amortissement ne peut pas créer de déficit : la part qui excède le résultat n’est pas perdue, elle est reportée sans limite de durée sur les années suivantes. D’où l’importance d’un suivi rigoureux, année après année.
Quelles charges pouvez-vous déduire ?
Au régime réel, vous déduisez le montant exact de vos dépenses liées à la location, en plus des amortissements :
- Intérêts d’emprunt et frais de dossier, assurance emprunteur
- Taxe foncière (hors taxe d’enlèvement des ordures ménagères refacturée) et CFE
- Charges de copropriété non récupérables sur le locataire
- Assurances : propriétaire non occupant, loyers impayés
- Frais de gestion : agence, conciergerie, commissions des plateformes
- Entretien et réparations, petits équipements de moins de 600 € HT
- Honoraires comptables, frais bancaires du compte dédié
- Frais d’acquisition (notaire, agence) : déductibles immédiatement ou amortis avec le bien
Les gros travaux d’amélioration ou d’agrandissement ne sont pas déduits d’un coup : ils sont amortis, comme le bien.
Déficits et amortissements reportés
Deux mécanismes permettent de ne jamais perdre vos charges et amortissements :
- Le déficit : si vos charges (hors amortissements) dépassent vos recettes, le déficit est imputable sur vos revenus de location meublée des 10 années suivantes.
- L’amortissement différé : l’amortissement ne peut pas créer ni augmenter un déficit. La part non utilisée est mise en réserve et reportable sans limite de durée, sur les bénéfices futurs.
C’est ce qui permet à de nombreux loueurs de ne payer aucun impôt sur leurs loyers pendant 10 à 20 ans. Le suivi de ces reports d’une année sur l’autre est essentiel : il est assuré automatiquement dans votre espace MaLMNP.
Un exemple chiffré
Appartement acheté 200 000 € (dont 30 000 € de terrain, non amortissable), meublé pour 8 000 €, loué 1 000 € par mois. Charges : 3 000 € (taxe foncière, copropriété, assurance, comptable), intérêts d’emprunt : 2 500 €.
| Micro-BIC | Réel | |
|---|---|---|
| Recettes | 12 000 € | 12 000 € |
| Charges déduites | 6 000 € (forfait 50 %) | 5 500 € |
| Amortissements | — | 5 643 € (bâti ≈ 4 500 €, mobilier ≈ 1 143 €) |
| Résultat imposable | 6 000 € | 857 € |
| Impôt + prélèvements sociaux (hypothèse : TMI 30 % et prélèvements sociaux 17,2 %) | ≈ 2 830 € | ≈ 400 € |
Exemple simplifié et indicatif : les durées d’amortissement et la ventilation par composants dépendent de chaque bien. Utilisez le simulateur ci-dessous pour votre situation.
Simulez votre base imposable
Comparez en quelques secondes le résultat imposable de votre location en micro-BIC et au régime réel.
Votre location
Base imposable estimée
Estimation indicative, hors prélèvements sociaux et situation personnelle. Hypothèses : terrain 15 % non amorti, bâti 80 % sur 30 ans, mobilier 5 % sur 7 ans. Seule une étude de votre dossier permet un chiffrage précis.
Confier ma déclaration à un expertVos obligations annuelles au réel
- Liasse fiscale 2031 et annexes 2033 A à G, télétransmises au service des impôts des entreprises, au printemps (début mai, avec un délai supplémentaire pour les envois dématérialisés).
- Report du résultat sur votre déclaration de revenus, formulaire 2042-C-PRO.
- Cotisation foncière des entreprises (CFE), due en fin d’année, sauf exonération (notamment l’année de début d’activité).
- TVA, uniquement dans certains cas (résidences de services, para-hôtellerie).
CFE, TVA et autres impositions
Le loueur en meublé est redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE), en principe chaque année, sauf si ses recettes annuelles ne dépassent pas 5 000 €. L’année du début d’activité est exonérée. Elle se paie en ligne, au plus tard le 15 décembre, depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr.
La location de logements meublés est en principe exonérée de TVA, sauf para-hôtellerie (au moins trois services parmi petit-déjeuner, nettoyage régulier, linge et accueil) ou résidence de services gérée par un exploitant. Enfin, les revenus de location meublée supportent les prélèvements sociaux, en plus de l’impôt sur le revenu.
Le calendrier annuel du loueur en meublé
| Période | À faire |
|---|---|
| Janvier – mars | Rassembler loyers, factures, avis de taxe foncière, tableau d’emprunt de l’année écoulée |
| Début mai | Liasse fiscale 2031 et annexes 2033 à télétransmettre (date limite de mai, avec délai supplémentaire en télédéclaration) |
| Mai – juin | Report du résultat sur la déclaration de revenus 2042-C-PRO |
| Été | Réception de l’avis d’impôt |
| Novembre – 15 décembre | Paiement de la CFE |
| 31 décembre (1re année) | Déclaration initiale de CFE 1447-C-SD |
Avec MaLMNP, vous recevez un rappel chaque année et votre dossier de l’année suivante est prêt à être complété.
Et à la revente du bien ?
En LMNP, la plus-value de cession relève du régime des plus-values immobilières des particuliers, avec ses abattements pour durée de détention. Depuis la loi de finances pour 2025, pour les cessions intervenues à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits pendant la location viennent réduire le prix d’acquisition retenu, ce qui augmente la plus-value imposable (sauf exceptions, comme certaines résidences services pour étudiants, seniors ou EHPAD).
Le régime réel reste le plus souvent avantageux sur la durée, mais ce paramètre mérite d’être intégré à votre stratégie, surtout si vous envisagez de revendre à moyen terme.
Ce guide est informatif et ne remplace pas une analyse personnalisée. Les règles fiscales évoluent régulièrement : parlez-nous de votre situation avant toute décision.
Nos articles sur le LMNP
Chaque article répond à une question précise. Voir tous les articles.
LMNP au réel ou micro-BIC
Une méthode en quatre questions et trois cas chiffrés.
L’amortissement en LMNP
Composants, report, revente : le mécanisme complet.
Charges déductibles
La liste complète, par famille de dépenses.
Déclaration LMNP 2027
Calendrier, liasse et cases de la 2042-C-PRO.
Première déclaration
Ce qui se joue la première année.
LMNP en indivision
Liasse unique et répartition entre indivisaires.
Votre déclaration LMNP, faite par un pro.
Liasse établie, contrôlée et télétransmise par un expert-comptable, à prix fixe.